Yang Seungho

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Présentation

Est né en Corée où il a étudié à l’université des Arts Céramiques de Séoul. Artiste partagé entre 3 pays, La Corée, la France et la Suisse, il a construit dans chacun son atelier et son four à bois. Son œuvre éminemment internationale fait l’objet de nombreuses expositions dans des pays où il a obtenu plusieurs prix tels que l’Angleterre, la Suisse, l’Allemagne, la Nouvelle Zélande… Ses pièces figurent dans les collections de nombreux musées d’Europe de du monde.

Au début de mes études céramiques à I'université Dankook à Séoul, lors du premier cours, un de mes professeurs dit : "La démarche céramique consiste à recycler la terre depuis son origine." La terre était une partie du soleil (du feu) qui devint pierre en refroidissant. Après des millions d'années, la pierre devint terre et, grâce à la découverte du feu, I'homme put recréer de la pierre à partir de la terre. Ce processus naturel, simple et fascinant, avait déjà été suivi par Ies potiers de Silla. C'est un processus d'une interaction énergétique immense. Je ressens une joie intérieure et comme une chance de pouvoir participer à ce processus grâce à mon travail. Je prends celui-ci très au sérieux, presque comme une religion. Pour moi, le processus est plus important que le résultat. "

Pour moi, le feu n'est pas une recherche technique, mais une pratique de I'étude intensive pour comprendre l'interaction illimitée des énergies - chayoun -, un processus méditatif impliquant intuition, concentration et travail physique, associé aux éléments : terre, air, feu et eau. Le mot coréen pour nature, chayoun, signifie que "chaque existence fonctionne par elle-même, en même temps que toutes Ies existences sont Iiées entre elles". Je ne crois pas que ce soit I'homme qui crée ; c'est une affaire de compréhension du chayoun et de la façon d'être soi-même. Tout mon travail repose sur l'étude du chayoun. 

"Le bois,  le feu" Une étude du musée  Bernard-Palissy  2000

Un dialogue entre l’âme et la nature. The Spiritual Connection

Je suis issu du milieu agricole : mes parents travaillent toujours dans leur ferme en Corée.

J’ai beaucoup de respect pour cette profession ; On ne peut pas vivre sans nourriture, le dur labeur des agriculteurs est directement lié à nos besoins primaires.

La plupart des artistes ont une pratique que je qualifierais de hobby, leur oeuvre reflète ce qu’ils sont. C’est ce qui m’a séduit, mais avais-je le droit d’exercer cette profession ? Je n’ai jamais cessé de penser à mes parents qui ont toujours travaillé dur pendant que je menais une vie libre de toute contrainte.

J’ai commencé la céramique en 1974 alors que je m’interrogeais sur le fait de devenir artiste et d’exercer cette profession sans culpabilité.

En 1981, je suis arrivé en Grande Bretagne et ma conviction de devenir artiste s’est renforcée lorsque j’ai reçu une bourse du Conseil des Arts. Pour ce prix, les membres du jury n’ont pas sélectionné un artiste de leur pays, ils ont préféré soutenir un jeune talent étranger.  J’ai senti que je devais faire quelque chose en retour parce que l’on m’avait donné l’opportunité de développer mon travail. Mais je ne savais pas ce que je pouvais faire. Une seule chose était claire pour moi, je devrais arrêter ma production utilitaire.   A partir de cette période, mon activité s’est orientée vers deux directions.

La première, dirigée vers des pièces plus expérimentales vise un public averti. Je la considère comme mon hobby.  Le deuxième axe était de produire des pots accessibles à tout le monde, avec une forme harmonieuse et un bel émail.

C’est la seule façon que j’ai trouvé pour donner quelque chose en retour, mais au fond de moi, je ne pouvais pas me satisfaire uniquement de mon hobby.

Cela m’a pris vingt ans pour répondre à toutes mes questions.

Ces réponses m’ont été données lors de mon exposition personnelle à la Maison de la Céramique de Mulhouse (France) en 1998. Cette exposition, intitulée The Spirit of Nature était la plus importante que je n’aie jamais eu. Elle s’organisait autour de plusieurs parties avec une rétrospective, Bunzai (bonsai), une installation, un workshop, une résidence d’artiste auxquels s’ajoutait un travail sur le son et la performance.  Tout au long de l’exposition j’ai vécu et travaillé dans la galerie, cela faisait entièrement partie du concept – work in progress.  Ce fut une très bonne expérience pour moi de voir l’énergie, l’interaction qui se produisait entre les spectateurs et mon travail. J’ai pu voir les réactions, le comportement des gens et recevoir ainsi de nombreux compliments: les gens m’ont dit qu’ils ont été profondément touchés, certains étaient au bord des larmes.

Cette expérience ne m’a pas seulement fait prendre conscience de ce que je fais, elle m’a aussi fait réaliser que je ne suis pas rien mais que je fais quelque chose pour les autres.

Quand je travaille, je ne pense à rien, même pas à créer, je rentre en méditation afin que laisse l’environnement extérieur, la matière et l’énergie interagissent et se transforment en une autre forme de courant énergétique. Mais l’objet que je réalise communique avec les gens et partage l’énergie invisible – le Ki, qui est une autre forme de nourriture pour les gens.

On a tous besoin de nourriture spirituelle. L’exposition de Mulhouse m’a donné confiance en l’avenir : elle m’a conforté dans mon travail et dans ma foi.

Vingt huit ans plus tard, j’ai toujours la même réponse s’impose à moi : rien n’a changé. Le monde est en mouvement perpétuel.

Yang Seungho

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